Des chiffres qui donnent le tournis
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Bonjour PATRICK-PIERRE,

Je voudrais vous parler aujourd’hui de ces chiffres sur lesquels nous sommes tombé·es cet été et qui donnent le tournis. Ils nous rappellent brutalement à qui nous avons affaire lorsque nous, foodwatch, nous attaquons à l’industrie agroalimentaire. Aussi impressionnants soient-ils, ils ne suffisent pas à nous décourager car nous vous savons à nos côtés.

Côté budget, clairement, le combat est inégal...

Le graphique ci-dessous est tiré d’une publication du ministère de l’Agriculture, chiffres 2018. Attention, on parle bien de millions d’euros.

Le groupe Danone, avec ses marques Alpro, Actimel, Activia, Danone, Danonino mais aussi Evian ou Volvic et plusieurs marques de lait infantile, décroche le pompon avec 24 651 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le groupe Lactalis, avec ses marques Président, Galbani, Lactel, Bridel, roquefort Société, etc. réalise un chiffre d’affaires de 18 500 millions d’euros.

Ou encore le groupe Avril qui commercialise les marques Isio4, Lesieur, les œufs Matines, Puget, Soléou, Vivien Paille, etc. et réalise un chiffre d’affaires de 6 091 millions d’euros.

Clairement, vous le voyez, lorsque nous nous attaquons à ces grands groupes pour leurs pratiques abusives, le combat est inégal. Le budget annuel de foodwatch France, c’est moins d’1 million d’euros pour une équipe de 8 personnes dans notre bureau à Paris, des enquêtes fouillées, des tests en laboratoires, des actions en justice (voyez notre rapport annuel 2021)...

Vous qui nous suivez et participez à nos actions, vous savez que nous décrochons des victoires malgré tout car nos batailles sont justes. Nous avons besoin de vous pour avoir encore plus de poids, ensemble.

L’agroalimentaire, premier employeur de l’Hexagone

436 547 : c’est le nombre d’emplois (équivalent temps plein) au sein de l’industrie agroalimentaire en France. C’est beaucoup : il faut dire que l’industrie agroalimentaire est le premier pourvoyeur d’emplois au sein de l’hexagone, dont près de 60.000 emplois rien qu’en Bretagne.

Avec ce chiffre, l’on comprend mieux pourquoi il est parfois si difficile de faire bouger les choses : il y a vraiment beaucoup d’emplois à la clé. D’ailleurs, quelques journalistes enquêtant sur l’usine Buitoni (Nestlé) de Caudry, d’où sont sorties les pizzas contaminées, nous ont raconté leurs difficultés, comme si l’omerta semblait peser parmi les employé·es... Parce que des dirigeants sans scrupules ont pris les mauvaises décisions, beaucoup de gens ont tout simplement peur de perdre leur job.

Ce que cela nous inspire ? Jamais les campagnes de foodwatch ne visent à menacer les emplois dans l’industrie agroalimentaire. Demander plus de transparence, c’est aussi réduire les risques que ce genre de scandale ne se reproduise, et ainsi, éviter que les usines se voient contraintes de fermer en mettant au chômage les personnes qui la font fonctionner au quotidien.

Le poids économique de l’industrie ne doit pas peser plus que le droit de toutes et tous à une alimentation saine. Dans l’affaire Buitoni comme dans d’autres, foodwatch va jusqu’au bout pour faire changer les choses, et c’est grâce à vous.

Alors, oui, ces chiffres donnent le tournis. Mais vous pouvez faire la différence en nous soutenant financièrement, en nous armant un peu plus face à ces géants de l’industrie agroalimentaire.

Merci de continuer à croire en notre force collective. Ensemble, nous sommes plus fort·es.💪

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Karine Jacquemart I Directrice Générale foodwatch France